Collection art africain Prodhomme

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Art africain - Masques - Masque Baga

Mêlés aux Nalu et aux Landuman , les Bagas vivent le long des côtes de la Guinée dans des régions de marécages inondées six mois par an. Ils croient en un Dieu créateur appelé Nagu , Naku , qu’ils ne représentent pas, et qui est accompagné d’un esprit masculin dont l’un des noms est Somtup . Le rituel fondamental, chez les Bagas et leurs voisins, consiste en l’initiation qui se déroule tous les vingt-quatre ans. La société d’initiation est appelée du nom de l’esprit invoqué, ou to-lom (sacré). Après l’abandon des rites suite à l’islamisation, la colonisation, ou les conversions au christianisme, les Bagas cherchent aujourd’hui à faire revivre leurs traditions au moyen de cérémonies festives utilisant les masques. Si le grand masque Nimba possède une tête très stylisée, ce masque semble en constituer une version dotée cependant d’un visage aux traits féminins réalistes. Il s’agit ici d’un visage de femme, coiffé d’une crête et de tresses, sur un cou annelé surmontant un buste aux lourds seins symbolisant la fécondité. Il s’achève en un panneau ajouré pour la vision et deux « jambes » qui permettaient de porter la pièce. Le tout est orné de motifs gravés représentant les scarifications. Ce masque cimier nommé ziringen-wonde était exhibé durant les cérémonies de clôture de l’initiation des jeunes filles, les fêtes liées aux moissons et au cours des rites funéraires.

Le visage porte des empreintes de frottements répétés lui conférant un reflet acajou. Patine lisse, brune, parsemée de résidus ocrés.
Ce symbole national peut atteindre jusqu’à 50 kg dans ses versions les plus volumineuses. De son vrai nom Demba / D’mba (ou Nimba en langue baga), il représente la femme nourricière , mais il évoque également l’oiseau, plus particulièrement la fertilité du calao grâce à son nez en forme de bec. Censé accroître les récoltes , susciter les grossesses, il est exhibé lors de diverses cérémonies, fêtes et funérailles , et son usage perdure actuellement lors d’importantes festivités. Le porteur du masque est enveloppé de raphia et mène une danse cadencée au rythme de tambours.

Source : « Baga » D.Berliner ; « Art tribal d’Afrique Noire »J.B. Bacquart (p.20)