À Kankan, Bangaly Doumbouya a grandi dans la sciure et le parfum du bois sculpté. Fils d’un ancien sculpteur, il a hérité du geste et de la passion. Depuis l’enfance, il taille, creuse, polit… perpétuant un savoir transmis de père en fils. Installé aujourd’hui à Conakry, il y fait vivre son art dans un petit atelier, où chaque œuvre raconte un pan de culture.

Parmi ses pièces phares, le Nimba, qu’il façonne dans du bois rouge, d’ébène ou de teck. « C’est l’objet le plus cher, parce que c’est le symbole de la Guinée », explique-t-il avec fierté. De ce modeste atelier, naissent des pièces qui voyagent loin : après le Qatar en 2023, Doumbouya s’apprête à représenter le pays à l’Exposition universelle d’Osaka, au Japon.

Membre de l’ONPA depuis plusieurs années, il salue « la lumière que l’Office met sur les artisans ». Père de cinq enfants et marié à deux épouses, il poursuit son métier avec détermination. Mais il s’inquiète : faute de moyens, il ne peut plus former d’apprentis. « J’ai peur que ce métier meure un jour, s’il n’y a plus de pratiquants », confie-t-il, la voix teintée d’inquiétude.












